Légalité et vie privée¶
Cette page s'adresse à vous qui hébergez un nœud p2pwatch : chez vous, sur un VPS ou dans une
infra que vous administrez. Elle répond à trois questions : ce que votre nœud enregistre, ce que
vous risquez légalement, ce qu'un VPN protège vraiment.
Ce n'est pas un avis juridique. Dans un cadre institutionnel (université, association de préservation, employeur), faites valider par un juriste qui connaît votre juridiction.
Ce que votre nœud enregistre¶
Dans le catalogue (data/catalog.db et data/local.db) :
- Les empreintes eD2k des fichiers vus sur le réseau, leur nom tel que publié par les pairs, leur taille et le nombre de sources rapporté.
- Les décisions de matching : la cible qu'un fichier satisfait, selon vos règles YAML.
- L'historique des sources de vos téléchargements, en mode téléchargement seulement : pour chaque fichier que le nœud télécharge, les pairs qui le partagent, sous leur identifiant pseudonyme eD2k (le user hash, que le client du pair annonce lui-même), le nom et le logiciel qu'ils annoncent, s'ils ont des parties qui vous manquent, l'adresse du serveur eD2k par lequel ils sont joignables, et l'instant de chaque relevé où le nœud les a vus (toutes les 5 minutes par défaut), avec les octets que le nœud avait reçus de ce pair à cet instant. C'est ce qui permet de reconnaître un partageur récurrent d'un épisode perdu, et de le contacter.
- Des métadonnées techniques du nœud :
node_idinterne, état du planificateur, dernière passe de catalogage.
Ce qui n'y entre jamais :
- Aucune adresse de pair. Ni IP, ni port, ni pays : amuleapi, l'interface par laquelle le crawler lit aMule, les donne, et le crawler les écarte avant d'écrire quoi que ce soit. L'adresse enregistrée est celle d'un serveur eD2k public, jamais celle du pair. Un identifiant n'est jamais relié à celui d'un autre réseau.
- Aucune trace utilisateur. Ni cookie, ni session, ni journal d'accès : la WebUI est en lecture seule et n'authentifie personne. Exposée, elle exige un reverse proxy pour l'authentification.
- Aucune télémétrie. Rien ne part vers un service que vous n'avez pas choisi : les
notifications vont aux seules cibles d'
observability.notifications, et une alerte de source y porte le nom et le début du user hash de la source./metricsest une route de la WebUI, à scraper si vous le voulez, sans Prometheus ni Grafana dans la pile. - Aucun contenu de fichier. Même en téléchargement actif, p2pwatch ne lit jamais les octets
d'un fichier : ni détection de type, ni sonde média, ni antivirus. Le fichier vit à part dans
downloads/incoming.
Sur votre disque : les bases SQLite, de quelques Mo à quelques Go selon l'usage (voir Planification disque), et les fichiers téléchargés, que rien ne purge : ils s'accumulent jusqu'à votre ménage.
Sur votre réseau : eD2k est un protocole ancien, non chiffré. Un pair voit quels fichiers vous demandez et quels hashes vous proposez. Derrière un VPN, tout ce trafic passe par le tunnel et votre FAI ne voit que du chiffré ; dans la pile par défaut, il sort en clair depuis votre IP domestique et votre FAI voit les flux vers les pairs, sans leur contenu.
Le risque légal¶
Partager une œuvre soumise au droit d'auteur sans autorisation est illégal dans la plupart des juridictions, et c'est vrai dès qu'un nœud eMule tourne. Renseignez-vous sur la vôtre : les dispositifs de riposte varient d'un pays à l'autre, et ils changent.
Trois niveaux d'exposition :
- Catalogage seul (
download.enabled: false) : aMule s'annonce comme source dès qu'un fichier est dans son IncomingDir ; sans téléchargement il reste vide, donc exposition faible. - Téléchargement actif (le défaut) : vous téléchargez et re-partagez, eMule étant symétrique. Les fichiers terminés restent dans l'IncomingDir, donc offerts aux pairs tant que vous ne les déplacez pas.
- High-ID par la route B : un port ouvert sur votre box vous rend joignable directement, avec une visibilité accrue comme source et votre IP visible.
En pratique, le risque reste faible mais non nul : la surveillance du P2P se concentre sur les nouveautés à forte valeur commerciale, et eD2k est un réseau vieillissant où la cible de ce projet (un dessin animé de 2008 jamais réédité) n'intéresse personne. C'est une affaire de probabilité, pas de légalité. Là où une procédure est engagée, « j'utilisais un VPN » n'est pas une défense, seulement une piste plus dure à remonter.
Ce qu'un VPN protège, et ce qu'il ne protège pas¶
Un VPN bien configuré (gluetun) masque votre IP domestique face aux pairs (ils voient celle du serveur VPN) et vos flux face à votre FAI, qui ne voit qu'un tunnel chiffré.
Il ne protège pas contre :
- Une procédure visant votre fournisseur VPN. Il peut être contraint de livrer ses journaux, ou de prouver qu'il n'en garde pas. Vérifiez sa juridiction et son historique.
- Une fuite DNS ou IPv6. Des résolutions hors tunnel ou un IPv6 en clair font fuir votre IP ; gluetun les bloque par défaut, c'est une de ses raisons d'être.
- Une corrélation de timing. Seul en France à télécharger une œuvre obscure à 3 h du matin, vous restez identifiable par analyse de flux côté FAI malgré le VPN. De la science-fiction ici : cible trop banale, volume trop faible.
- Un compromis de votre machine. Les conteneurs ne sont durcis que partiellement
(risque accepté) : qui compromet aMule atteint
ed2k/, qui compromet le crawler atteintdata/(votre catalogue). Votre IP reste masquée par le VPN, leur contenu non.
En pratique¶
- Préférez la pile VPN (gluetun, Low-ID) à la pile par défaut.
- N'exposez pas la WebUI sur Internet, ni donc sa route
/metrics. Restez en réseau local, ou passez par un VPN d'accès (WireGuard, Tailscale) et un reverse proxy avec authentification. - Ne publiez pas votre IP publique sur des forums liés au projet : « mon nœud est ici, venez voir » vous expose même via VPN si vous êtes seul à l'utiliser à cet instant.
- Gardez votre système à jour, surtout avec un port entrant ouvert (route B).
- Ne mélangez pas les usages. Ce nœud ne sert qu'à p2pwatch : pas de bibliothèque P2P partagée pré-existante, pas d'autres tests.
Un catalogue que vous partagez contient l'historique des sources : les user hashes et les noms de tiers, en plus des fichiers. Pour échanger un catalogue avec d'autres chercheurs, voir la page d'accueil.